L’essor des fusions et acquisitions : signe caché d’un marché haussier en 2026?
- Une série de fusions et acquisitions suscite de l'optimisme à l'approche de la fin de l'année.
- Cette dernière vague est propulsée par les banques régionales, les grandes sociétés pharmaceutiques et les marques grand public.
- Du point de vue des sociétés, cette montée du volume de fusions et acquisitions pourrait témoigner d'un regain d'intérêt pour la croissance externe malgré un contexte macroéconomique difficile.
Les banquiers et les preneurs fermes ont de quoi se réjouir : les émissions d'obligations sont en plein essor, le nombre de PAPE a augmenté cette année (du moins avant la paralysie du gouvernement américain), et la volatilité des taux d'intérêt a diminué. Toutes ces conditions pourraient ouvrir la voie à plus de transactions entre sociétés en 2026. À cet égard, l'activité continue de prendre son envol.
Selon l'univers couvert par Wall Street Horizon, qui comprend 11 000 titres mondiaux, le T3 2025 est celui qui a connu le plus grand nombre de fusions et acquisitions conclues depuis le T4 2024. Sur une période mobile de quatre trimestres, le total est le plus élevé depuis le début de 2023. Une fin d'année solide pourrait nous ramener aux niveaux observés en 2022 dans la foulée du nombre élevé de transactions en 2021. C'est justement ce que laisse présager notre graphique sur les annonces de fusions et acquisitions.
Une avalanche de transactions : hausse de l'activité mondiale de fusions et acquisitions en 2025

Source : Wall Street Horizon
L'Amérique du Nord semble être au cœur de cette renaissance. La firme BofA Global Research a constaté que la valeur des fusions et acquisitions en Amérique du Nord en octobre s'élevait à 348 G$. Bien que ce chiffre soit inférieur aux 421 G$ enregistrés en septembre, la moyenne sur six mois a atteint son niveau le plus élevé depuis octobre 2014[1]. Sur le plan géographique, l'équipe de Goldman Sachs a récemment estimé qu'aux États-Unis, les volumes de fusions et acquisitions annoncées étaient en hausse de 35 % en glissement annuel au début de novembre[2].
L'incertitude est-elle forte? Oui. Les données macroéconomiques fondamentales sont-elles fragiles? Oui. Les sociétés cherchent-elles des solutions créatives? Apparemment, oui.
Notre équipe s'est également penchée sur la nature des transactions (proposées et achevées). Elle a retenu une chose : les fusions et acquisitions touchent différents secteurs et industries. À cet égard, le secteur des soins de santé est l'un des plus fertiles, mais la vague de consolidations touche aussi des secteurs cycliques comme les services financiers, la consommation discrétionnaire et les matériaux. Le secteur technologique retient aussi l'attention, compte tenu du nombre croissant de sociétés qui se tournent vers le marché obligataire pour financer leurs dépenses d'investissement dans l'IA et leurs fusions et acquisitions.
Vous trouverez ci-après quelques transactions marquantes et les raisons. Nous expliquerons également pourquoi elles intéressent les investisseurs voulant connaître le degré de confiance des chefs de la direction sans se limiter aux publications de bénéfices ou aux conférences pour les investisseurs.
Soins de santé
Pfizer → Metsera
La course aux médicaments GLP-1 pour la perte de poids s'est intensifiée lorsque Pfizer (PFE) a acheté Metsera (MTSR). Cette transaction digne d'une saga a renforcé la position de Pfizer dans un créneau dominé par son rival Eli Lilly (LLY). Après avoir fortement dépendu de son vaccin contre la COVID ces dernières années, il est possible que Pfizer cherche simplement à diversifier son assiette de revenus grâce aux actifs et à la filière de Metsera. Les actionnaires de PFE en quête de revenus voient d'un bon œil ses dividendes généreux et la lente progression de son action.
Merck → Cidara Therapeutics
Toujours dans le secteur de la santé, Merck (MRK) a fait l'acquisition de Cidara Therapeutics (CDTX), qui ajoute une plateforme d'antiviraux à action prolongée et un traitement potentiellement révolutionnaire contre la grippe à son portefeuille de produits contre les maladies infectieuses. Cette acquisition de 9,2 G$ élargit les horizons de Pfizer en appuyant sa gamme étendue de produits oncologiques.
Biens de consommation de base
Kimberly-Clark → Kenvue
Au début du mois, une marque très connue et une entité récemment scindée ont conclu une transaction majeure. C'est ainsi que Kimberly-Clark (KMB) a annoncé l'acquisition de Kenvue (KVUE) moyennant une contrepartie constituée d'actions et d'espèces de 49 G$. Rappelons que la société cible subissait une pression intense de la part de l'administration Trump, compte tenu des effets présumés de Tylenol sur la santé des femmes enceintes. Même si la plupart des experts affirment que cet analgésique en vente libre est sans danger, l'affaire a pesé sur l'action de KVUE. Pour sa part, KMB est prête à prendre le risque. Toutefois, à la suite de l'annonce, l'action est passée de presque 120 $ à moins de 100 $ (pendant un certain temps), ce qui témoigne du peu d'enthousiasme des marchés. Bref, les investisseurs optimistes à l'égard de KMB devront prendre leur mal en patience.
Services financiers
Huntington Bancshares → Cadence Bancorporation
Passons aux secteurs plus sensibles à la conjoncture économique. Les dernières fusions et acquisitions dans l'industrie des banques régionales ont de quoi réjouir les investisseurs optimistes quant au contexte macroéconomique. On dit que les banques ne s'achètent pas, mais qu'elles se vendent (ce qui veut dire que les acquisitions sont plus fréquentes en période de tension sur les marchés). Toutefois, lorsque Huntington Bancshares (HBAN) a confirmé son intention d'acheter Cadence Bank (CADE) pour 7,4 G$, les marchés ont vu la nouvelle d'un bon œil, et pour cause : l'acquisition renforce la présence de HBAN dans le sud des États-Unis.
Fifth Third Bancorp → Comerica
Une autre transaction dans le secteur des banques régionales a été annoncée au début du quatrième trimestre : Fifth Third Bank (FITB) achètera Comerica (CMA) pour 10,9 G$ dans le cadre d'une transaction réglée entièrement en actions. Si elle est conclue, cette transaction marquera l'une des plus importantes fusions de banques régionales depuis des années et diversifiera le rayonnement géographique de FITB grâce à une forte présence au Texas et dans le Midwest.
Charles Schwab → Forge Global
Du côté des services de courtage, Charles Schwab (SCHW) a annoncé un investissement dans Forge Global (FRGE). Cette acquisition permet au cabinet de services financiers, dont la capitalisation boursière s'élève à 168 G$, d'accéder directement à des infrastructures de négociation sur le marché privé. Ce domaine gagne en popularité dans un contexte où un nombre croissant de sociétés au stade avancé décident de rester privées pendant plus longtemps. Forge se spécialise également dans la négociation secondaire d'actions privées, ce qui permettrait à Schwab d'offrir à sa clientèle un accès en primeur à des sociétés au stade de démarrage.
Consommation discrétionnaire
TriArtisan Capital / Treville Capital / Yadav Enterprises → Denny's
Tandis que les investisseurs de Schwab célèbrent le rendement des actions et des obligations depuis le début de l'année, plusieurs catégories de consommateurs nourrissent des craintes. Les ménages à revenu faible et moyen peinent à joindre les deux bouts, et l'économie en forme de « K » retient de plus en plus l'attention. Dans le cadre d'une acquisition menée par des investisseurs privés, une restructuration se profile à l'horizon pour Denny's (DEN). La chaîne de restaurants a connu des difficultés en termes de fréquentation et de modernisation, d'où l'intérêt pour un redressement financé par des capitaux privés. La transaction pourra-t-elle restaurer la santé de Denny's? L'avenir nous le dira.
Matériaux
Coeur Mining → New Gold
Pour conclure, voici une nouvelle en or (c'est le cas de le dire) dans le secteur mondial des produits de base. Le 3 novembre, Coeur Mining (CDE) a annoncé son intention d'acheter New Gold (NGD) moyennant une contrepartie constituée entièrement d'actions. Cette acquisition lui donne un avantage potentiel sur le plan de l'exploitation et augmente ses réserves à un moment où les prix de l'or restent élevés – près de 4 000 $ l'once troy – en raison des incertitudes géopolitiques et macroéconomiques. Dans l'ensemble, les bilans des sociétés aurifères sont nettement plus solides que lors des cycles précédents et grâce à la vigueur des flux de trésorerie disponibles (compte tenu des prix de l'or), les dirigeants du secteur ont l'embarras du choix pour déployer leurs capitaux.
En résumé
Ce ne sont là que quelques exemples de fusions et acquisitions récentes. Est-ce que cette vague d'annonces laisserait présager un marché haussier alors que l'année tire à sa fin? Peut-être. Les chefs de la direction et de l'information s'aventurent sur la courbe de risque, à la recherche de débouchés au-delà de la croissance interne. Rien ne garantit que toutes ces transactions se dérouleront sans accroc, mais après une accalmie de plusieurs trimestres, le volume de fusions et acquisitions a bondi dernièrement.
[1] « BofA Global Research », BofA Securities, 18 novembre 2025, https://business.bofa.com/en-us/content/market-strategies-insights.html
[2] « Goldman Sachs Insights », Goldman Sachs, 18 novembre 2025, https://www.goldmansachs.com/insights
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